
Feria artesanal
A El Bolson, on se réveille donc assez tard et pas pressés, et le temps de faire une rapide lessive et d’encore une fois profiter des douches chaudes du camping, on part faire un tour à la feria locale (entendre par là le marche à touristes, ou chacun essaie de vendre ses petits boui-boui faits main (ou pas)…)
Ce sera donc :
- un mate pour Loulou(e), avec la bambilla
- une ceinture et un bonnet pour Loulou
- 3 jolis bracelets en cuir, un fromage de chèvre aux herbes et un jus de fruit chacun pour nous 3 !

rayon Mate du supermarché
Le temps de faire les courses, on a commencé à faire du stop vers 17h je pense, en espérant faire au moins 200 kms, notre but ultime étant El Calafate à environ 800 kms au Sud (à vol d’oiseau), et où on espérait arriver d’ici 2-3 jours…
On a donc réussi à choper un pick-up (notre 1er arrière de pick-up, youhou l’émotion !!) jusqu’à la ville suivante, soit seulement 20km… On était contents mais bon, c’était un peu l’échec quand même !

- yeah !
On se fait donc déposer là-bas, et Charlotte et Louise décident d’aller chercher un chauffeur au culot, directement à la station service d’à coté, en leur expliquant que notre but, c’est le Sud, et en espérant en trouver un qui va assez loin.

copilote aguerri !
C’est donc comme ça qu’on a trouvé Daniel, qui transportait du poulet surgelé depuis Santiago et jusqu’à Punta Arenas… autant dire la ville la plus au sud du Chili !!
Il y avait déjà 2 autostoppeuses dans son camion, mais on a quand même tenu à 6 jusqu’à ce qu’elles descendent, environ 1h plus loin (eh oui c’est super grand une cabine de camion !)
C’est là qu’on a appris qu’on allait voir l’Atlantique le lendemain à l’aube, puisque la seule route goudronnée de Patagonie passe sur la côte…
On a finalement dit adieu à la mythique route 40 (qui longe plus ou moins les Andes) …! Un choix difficile et courageux vue … la longueur de la route (quoi d’autre ?) !
On a donc signé contre 1400 km et plus de 20h de voyage, contre une nuit entière à tenir la conversation en español pour le tenir éveillé !
Mais que de souvenirs !

Les paysages étaient fous, on a fait des centaines de km avant de croiser la moindre ville ou même la moindre voiture… Juste des kilomètres et des kilomètres de pampa, parfois quelques animaux histoire de dire qu’il y a quelque chose, et sinon, juste rien… impressionnant !
Le genre de paysage où on a pas envie de rester des heures dehors, sans voiture !




Sacré Daniel !
On avait quand même rarement vu un camion aussi long ! Je dirai bien dans les 15m…
On a réussi à rester éveillés toute la nuit, entre les parties de “qui est ce ?”, les cours d’español pour apprendre plein de nouveaux mots (huemules, cerco, oveja, cornejo,…) et les sujets de conversation plus ou moins variés : la famille, les amis, et puis sur les coups de 4h du mat’, la condition des femmes et la dictature…

Et on est passés par des villes sympa et animées.... "lol"

Milieu de la nuit au milieu de nulle part !

Le lever du jour, sur la côte Atlantique...

La pampa argentine

Nos 1ers guanacos !

une ville ? où ça ?
Et au bout d’un moment, vers les coups d’11h du mat’, comme il fallait bien que Daniel aille se reposer un peu (eh oui de temps en temps il a aussi sommeil, les coca-café (mélangé bien sûr) qu’on lui a préparé ne suffisent qu’un certain moment…), on s’est posés dans un camping au bord d’une rivière et on a dû préparer les saucisses qu’il avait acheté au milieu de la nuit… Je vous laisse apprécier en images le super petit dej’ auquel on a eu droit :

Avant cuisson...

Après cuisson... finalement c'était peut-être mieux avant !
Après ce (super, donc !) petit dej, on est repartis pour 2h de route, et on a fait nos adieux (presque déchirant, 20h et 1400km c’est pas rien quand même !) avec Daniel ! Et on a même gagné le droit de l’appeler dès qu’on voudra bouger au Chili pour qu’il nous fasse faire la route gratuit ! Que buenoo !

Du déjà vu ?
C’est donc reparti pour 30min de stop sur le bord de la route, au croisement entre la route 3 pour Punta Arenas (où va Daniel) et la route qui va de Rio Gallegos (ville sans intérêt, dixit Petit Futé) à El Calafate : notre but !

A l'arrière du camion de Rio Gallegos à El Calafate
On a été pris assez rapidement par un autre camion d’Argentins qui livrait des panneaux en verre à El Calafate, et comme y avait pas de place dans la cabine, on est montés à l’arrière : pendant 3h avec un boucan d’enfer (les bâches bougeaient dans tous les sens à cause du vent), super froid, et aucune idée du paysage, sauf pendant une petite pause et ça donnait ça :


Le lago Argentino et les Andes
Arrivés à El Calafate, on a posé la tente, fait les courses et acheté tout le nécessaire pour la rando du lendemain à El Chalten au pied du Fitz Roy… et on est allés se coucher, contents d’être là mais quand même fatigués par cette nuit blanche !
En tout cas, pari tenu : 1720 kms en 25h de camions, non stop !